Garcimore, le magicien « décontrasté » !

La Magie recèle des figures iconiques : des magiciens célèbres qui ont marqué l’Histoire de la Magie française. Garcimore fait partie de ces artistes qui ont laissé un héritage à notre Art comme un patrimoine précieux à découvrir ou à redécouvrir. L’univers magique du magicien le plus « décontrasté » est fascinant ! En voici un petit aperçu…

J’ai une tendresse particulière pour José Garcimore car c’est par lui que j’ai pris goût à la Magie. Je m’explique… Mon premier livre de Magie a été Les Secrets de Garcimore. Il m’avait été offert par un ami pour mon anniversaire. Moi qui suis né un 1er avril, je ne pouvais pas rêver mieux qu’un pareil ouvrage ! À cette époque, j’étais loin de me douter que je marcherai plus tard dans ses pas et ferai une carrière de magicien…

Ce magicien « décontrasté » — comme il aimait se faire nommer— utilisait l’humour et la comédie pour mettre en scène ses talents de prestidigitateur et de musicien. Son accent et sa façon d’en user marqua les esprits ; son rire particulier était devenu une marque de fabrique.

Cet article est consacré à ce personnage au grand cœur et aux multiples talents, un peu comme un hommage magique à ma manière…

Garcimore, un magicien sans commune mesure

Vous allez découvrir ici la vie de Garcimore, de son enfance jusqu’à la fin de sa vie en passant par l’apogée de sa carrière. Je listerai ses œuvres : enregistrements, apparitions au cinéma et à la télévision, livres et publication… vous saurez tout !

La vie magique de Garcimore

José Garcia Moreno dit Garcimore naquit le 16 novembre 1940 en Espagne dans le village d’Albacete située au sud-est de Madrid et à environ 200 km de Valence.

Enfant, il fait ses premiers pas en tant que musicien dans la fanfare d’Albacete. Durant ses jeunes années, il côtoie de près la musique et s’exerce à toute sorte d’instruments, essentiellement des cuivres. Très vite, il acquiert une aisance et l’envie de progresser davantage. C’est ce qui le pousse à suivre une formation au Conservatoire Royal Supérieur de Musique de Madrid. Il est à l’aise avec la plupart des cuivres comme la trompette ou le trombone mais son instrument préféré demeure le tuba, une espèce de grosse trompette. Il reçoit le 1er prix du Conservatoire en 1962 et devient Chef d’Orchestre.

À 27 ans, il décide de rejoindre la France et sa capitale Paris pour essayer de se faire une place dans le métier de musicien. Il enchaine les auditions et petits contrats dans plusieurs salles et cabarets parisiens. Trois ans plus tard, c’est à L’Harmonie de Grenoble qu’il trouve une place de musicien. Pendant moins d’une dizaine d’année, il sillonne les routes du sud de la France présentant ses spectacles.

Il se fait remarquer par Roger Pradines — un réalisateur français d’émissions télévisées et de feuilletons — qui l’engage dans son émission TV Music-Hall où il obtient un franc-succès et se fait remarquer par le métier. Très vite, il enchaine les spectacles et les tournées en France : sa carrière est lancée.

Au départ, ses apparitions sont d’avantage comiques mais très vite il propose des sketchs magico-comiques dans lesquels il exécute des « vrai-faux » tours de Magie. Les tours sont souvent ratés pour le public mais cela ne décourage pas l’artiste qui répond toujours « c’est pas grave ! », « des fois ça marche, des fois ça marche pas… » ou « encore raté ! ». Bien entendu, ces ratages amènent aux rires du publics et souvent… à de belles réussites !

À la fin des années 70, début des années 80, il est invité sur tous les plateaux TV et devient le plus célèbre magicien de la télévision française.

Son rire mémorable, ses expressions du visage mais également son accent chantant espagnol impriment une image forte dans l’esprit des spectateurs. Il sur-joue en permanence le magicien décontracté affichant un personnage dans un total lâcher-prise.

Sa dernière apparition télévisée aura lieu dans la célèbre émission de Patrick Sébastien Le plus Grand Cabaret du Monde. Il décède avant sa diffusion, le 18 avril 2000 dans sa résidence du Gué-de-Longroi en Eure-et-Loir où il est enterré.

Les œuvres magiques de Garcimore

Ses enregistrements

Garcimore enregistre d’abord des 33 tours qui le font connaître puis il publie une série de sketchs magiques, musicaux et comiques.
On note, par ordre de sortie : Un espagnol à Paris (1977), C’est écrit sur la casquette, Mes petites souris et Décontrasté (1979), Le Méchant Loup et L’Escargot (1981), Dans un an t’y es et Hop, hop, hoptimiste (1982) ; L’hôtel des Impôts et Le Niveau de vie (1983) ; Le rêve du Magicien et Nous les Magiciens (1984) ; France-Espagne et L’alcootest (1989) ; Décontrasté (1995).

Ses apparitions au cinéma

On peut apercevoir José Garcimore dans deux films. Il apparaît dans C’est dingue, mais on y va… ! de Michel Gérard où il y interprète le rôle d’un soldat à la contrebasse et dans Alliance cherche doigt de Jean-Pierre Mocky dans le rôle du docteur Guelos.

Ses publications

Il a publié deux livres : Les Secrets de Garcimore aux éditions Gallimard en 1978, mon premier livre de Magie offert par un ami pour mon anniversaire et qui a déclenché ma passion de la Magie. En 1986, il publie Le Magicien assassiné aux Editions du Belvédère dans lequel il raconte la descente aux enfers suite à sa surmédiatisation.
Notons que durant ses années de gloire, il fait régulièrement des apparitions dans le magazine Pif Gadget où il enseigne des tours de Magie aux lecteurs.

Sa boîte de Magie

Tout comme Gérard Majax ou Dominique Webb, Garcimore a créé une mallette de Magie Amusez-vous avec Garcimore pour tous les enfants qui souhaitent découvrir la Magie en s’amusant.

Ses apparitions télévisées

Mais c’est essentiellement dans les émissions de variétés diffusées à la télévision qu’il est le plus populaire. Ses apparitions les plus notables se sont faites aux côté de Denise Fabre dans les émissions Restez donc avec nous le Samedi et Samedi est à vous sur TF1.
Entre 1975 et 1982, les enfants pouvaient voir ses tours de Magie le mercredi après-midi dans l’émission Les Visiteurs du mercredi diffusée sur TF1.
Enfin, son ultime apparition aura lieu sur France2 dans l’émission Le Plus Grand Cabaret du Monde en 2000.

Malgré une courte carrière, Garcimore laisse un patrimoine culturel indéniable à la Magie française. Son style et sa manière de penser l’effet magique sont une mine d’or pour l’inspiration des nouvelles générations de magiciens. Il laisse à penser la Magie différemment, promeut la pratique de la Magie avec les animaux de manière exemplaire et nous montre que le tour ne constitue pas l’essence de la Magie, pas uniquement…

Les apports de Garcimore à la Magie française

Les apports de Garcimore à la Magie française sont multiples. Il nous laisse une manière de penser la Magie bien à lui, un rapport aux animaux — ses partenaires sur scène — exceptionnel et un répertoire de tours nombreux.

Une philosophie de la Magie affirmée

Imaginez la situation : Garcimore propose à un spectateur de le rejoindre et lui demande « Est-ce que tu pourrais nous faire un tour de cartes ? ». Le spectateur embêté répond qu’il ne peut pas car il ne sait pas faire. Ce à quoi Garcimore répondait « Facile de faire un tour de cartes ! » ; il posait alors le jeu au sol et en faisait le tour déclenchant les rires hilares du public.

La recette magique de Garcimore était toujours la même : l’humour et l’auto-dérision. En effet, il ne se prenait jamais au sérieux, incarnant le personnage d’un magicien en « roue libre » c’est à dire dans l’absence totale de contrôle sur lui et sur les choses.

À mi-parcours entre le clown et le magicien, Garcimore savait comme personne manier l’art de tourner toutes les situations en moments comiques. À ce titre, ce fut l’un des premiers à casser cette image du magicien traditionnel souvent incarné par des personnages froids et distants. Garcimore est aux antipodes de cela : il créé une relation privilégiée avec le spectateur et son unique objectif est de faire rire.

De nombreux de ses contemporains semblent s’être inspirés de cette manière de voir la Magie. L’exemple le plus récent et le plus parlant qui me vient à l’esprit est le personnage qu’incarne Eric Antoine.

Les animaux comme de vrais magiciens

Dans chacune de ses apparitions, José Garcimore venait accompagné de ses complices magiciens. Je veux bien sûr parler de sa famille de petits animaux qui le suivait lors de chacune de ses représentations. Garcimore nous décrit l’amour qu’il a pour ses compagnons de voyage qu’il considère comme sa famille. Il était passé maître dans La Magie animale, la spécialité de beaucoup de magiciens.

Il y avait d’abord Booma, la chouette « vraiment très chouette ». L’oiseau a été trouvé blessé. Avec de bons soins et une bonne dose d’amour, elle fut engagée pour les représentations du Magicien. Il explique dans son livre que ce ne fut pas une chose aisée : « Imaginez un oiseau nocturne en train de jouer de la Magie sur une scène de théâtre ! ». Elle excelle dans le numéro où elle danse la Samba.

Vient ensuite Coco, un pigeon blanc. Sa grande taille impressionne toujours les spectateurs lorsqu’il apparait d’une toute petite boite à la place d’une toute petite tourterelle.

Il y a aussi Dolly, la cheffe de la troupe. Cette chienne toute blanche mène la fine équipe à la baguette. Garcimore l’avait dressé pour apparaître à un moment donné du spectacle et chanter lorsqu’il jouait un morceau de Mozart. Incroyable !

Le perroquet Pit-Pit est le concurrent direct de Dolly. En effet, le magicien a du mal à faire se côtoyer les deux animaux dans le même numéro car lorsque Pit-Pit parle, Dolly chante… et inversement !

Inutile de présenter Rustine, le petit lapin blanc. En tant que magicien, il fallait bien que Garcimore fasse apparaître un lapin de son chapeau. C’est le tour pour lequel est entrainé Rustine qui sort parfois un peu trop tôt du couvre-chef du maître.

Au détour de ses spectacles, il n’était pas rare d’apercevoir Tac et Tac-Tac, les deux souris blanches, éternelles compères du magicien. Elles étaient tellement petites qu’elles se faufilaient partout et semblaient apparaître de nulle part !

Pour terminer, n’oublions pas les deux tourterelles blanches qui apparaissaient magiquement de son écharpe. Celle-ci n’ont pas de nom, nous explique Garcimore, tout simplement parce que voyageant beaucoup, ces volatiles ne sont jamais les mêmes…

Les tours de Magie de Garcimore

Garcimore a présenté des dizaines de tours de Magie, toujours exécutés par son personnage comique et drôle. J’ai en mémoire quelques-unes de ses prouesses magiques que je vous relate brièvement ici…

Le foulard élastique qui n’aime pas les nœuds

Un foulard est montré aux spectateurs et, à mesure que le foulard se met à tourner, celui-ci semble s’agrandir. Lorsque le foulard a terminé sa croissance, il est solidement attaché autour du bras d’un volontaire. Une passe magique plus tard, le foulard passe au travers du poignet !

Les confettis passe-passe

Alors que deux gobelets sont montrés, l’un est rempli de confettis alors que l’autre est laissé vide. L’attention est attirée sur le gobelet qui contient les confettis. Un foulard est posé sur les deux gobelets et sans plus de manipulation, le gobelet qui contenait les confettis est désormais vide alors que celui qui était vide est désormais plein !

Le ballon increvable

Ici un ballon de baudruche est gonflé par le magicien. Ce dernier prend une très grande aiguille (genre aiguille à tricoter) et perce le ballon de part en part. Alors que le public s’attend à entendre une explosion, rien ne se passe : le ballon est bel et bien intact, traversé de part en part par l’aiguille.

Équilibre instable

Dans ce tour, une carte à jouer est montrée au public. Le magicien demande à une spectatrice de poser un verre rempli de jus de fruit sur la carte. Celle-ci indique au magicien que ce n’est pas possible et qu’elle risque de renverser le verre. Mais une passe magique plus tard, le verre semble bien tenir en équilibre sur la carte à jouer ! Wow !

J’ai pris beaucoup de plaisir à redécouvrir le livre Les Secrets de Garcimore aux Editions Gallimard (1978) que je vous invite à lire si vous souhaitez découvrir les petites astuces de ce grand magicien décontrasté !

Je vous le disais au début de cet article : c’est depuis la lecture de ce livre et la découverte de ce magicien que ma passion de la Magie s’est développée. J’avais sept ans. De fil en aiguille, j’ai travaillé des effets magiques, je les ai montés en spectacles puis je me suis produit sur mes premières scènes. Même si mon style est différent de celui de Garcimore, je garde toujours en mémoire l’étincelle magique qu’il a éveillé en moi.

Je lui ai d’ailleurs consacré un petit « hommage » dans mon propre livre Les Secrets Magiques paru en juin 2016.

Depuis 15 ans que je présente mes spectacles de magie professionnellement, il ne se passe pas un lever de rideau sans que je ne me souvienne de mes débuts. Que ce soit à Marseille, Bordeaux ou Lyon, je ne perds pas de vue que le but de la Magie est avant tout de distraire le public.
Je vous invite chaleureusement à découvrir mes prestations et mon univers magique !
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